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EDWIN & MELVYN

Issus de la première génération à avoir eu entre les mains dès leur plus jeune âge un pinceau, un appareil photo, une caméra, ainsi qu’une large panoplie d’outils numériques, chaque medium représente pour eux autant de possibilités de poser leurs questions.

Edwin et Melvyn se réclament d’une vision décloisonnée de l’Art, unifiée par la force des univers artistiques qu’ils explorent ensemble autour de thèmes qui les fascinent comme le rapport à la mort et à l’infini, les notions d’authenticité et de
singularité des personnalités individuelles, ou encore les limites floues de la réalité telles qu’elles se manifestent lorsque
l’on parle de rêve, de normalité, ou que l’on s’interroge sur la signification du corps comme représentation de soi.

Edwin&Melvyn

From the first generation to have had in their hands at an early age a brush, some clay, a camera, a video camera, as well as a wide range of digital tools. Each media being for them as many ways to question.
Edwin and Melvyn refer to an open vision of art, unified by the artistic worlds they explore together. They are fascinated by topics like authenticity and uniqueness of individual personalities, death and infinity or the blurred limits of reality when dreams, normality, or meaning of body as representation of self are being explored

Additional individual paths
As he was studiying photography and video at ENSAD of Paris, Melvyn was winner of Carla Bruni foundation for his series of photographs Telomeres, which earned him a 6-month residence at the School of Visual Art in New York. Upon his return to Paris from the perspective of working with his brother, he was selected to exhibit at the Galerie Nikki Diana Marquardt as well as the 2013 edition of Salon de Montrouge. He works also on a regular basis with the artist JR for his photo and video projects.

Edwin studied graphic design and art direction at the Gerrit Rietveld Academie in Amsterdam. Spotted by his teachers, he was entrusted with major projects such as the launch campaign for Waternet or the artistic direction of Gerrit Rietveld Fashion Show 2013
In parallel, his work was published alongside the world’s leading graphic designers in the magazine Only type and is currently the artistic director of the European program for young artists : Park in Progress.

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edwin@edwin-melvyn.com
melvyn@edwin-melvyn.com




La voile de mon ennui, gréée par l’erreur et gonflée par le souffle des ans, grève mon existence en la maintenant sur le cap d’une interminable errance. Un pied hors de mon bateau fantôme, et me voilà nageant dans le bonheur ; ce que je laisse bien volontiers à la carpe Diem et aux autres barbotteurs. J’aspire pour ma part à quitter cet élément dans lequel il est pénible et fatiguant de se mouvoir, cette joie crasseuse qui partout veut s’infiltrer en injectant ses émotions naïves et galvaudées. Détaché de la loi calendaire, j’ai autrefois vu l’échelle du temps basculer, et s’offrir à moi les indénombrables vierges du sérail du futur : jours, siècles, millénaires que ma charge m’incombe d’honorer. Sultan parallèle, prince de l’aridité, roc invulnérable, très vite mon cœur s’est endurci en affrontant l’ouvrage imposé. Quel sens encore donner à cette orgie temporelle, quand dans l’expérience de l’Histoire se sculpte bien tôt une routine marquée par le contraste de la dépression succédant à l’expansion, la guerre à la paix, la révolution à la tyrannie, l’inspiration à l’expiration, l’agitation au silence… Quand on en retire une dimension, l’univers devient pareil à un décor de théâtre aussi titanesque que raffiné s’affaissant au beau milieu du spectacle. Mais cela fait belle lurette que je n’en suis plus au coup de blues du promeneur égaré dans le labyrinthe de catacombes post-apocalyptiques. Seul spectateur insatisfait de ce théâtre condamné, c’est un abandon total et définitif duquel je cherche la clef. Il m’a fallu épuiser mes derniers idéaux de liberté pour me résoudre à la mort et m’apercevoir qu’elle aussi était illusion. Anachorète urbain loin des préoccupations matérielles et isolé de tous les impacts de mon environnement, quelle source trouver à mon tourment ? Serais-je mon propre geôlier, tel un Sisyphe doué d’ubiquité, limité par sa propre compréhension? Je ne peux pourtant pas tirer une grande aide de l’extérieur. L’empathie trouve rapidement ses limites. Aussi, ce n’est pas un fait facilement appréhendable pour le commun des mortels ; comment compter sur ces milliards de personnalités si insipides qui défilent au fil du temps ? Ces vies éphémères organisées à la façon d’une colonie d‘insectes bâtisseurs, qui semblent n’être apparues que pour répéter les mêames pas d’une chorégraphie maîtrisée chaque fois avec un peu plus de précision, celle qui célèbre la soumission aux lois d’un monde borné. Il m’est pourtant arrivé de trouver quelques intérêts à pousser l’expérience de la rencontre. Peut-être croyais-je déceler une lueur d’originalité de caractère en examinant le vivarium humain, ou peut-être fut-ce simplement un biais de mon appréciation, alors assaillie d’un pic contondant de monotonie. Toujours est-il que sous les hospices d’une passion de composition j’ai approché des sujets sélectionnés parmi la masse des années. Elles ont été des femmes en marge prenant leurs sources dans les grandes transformations de notre univers. Curieuses de l’inimaginable, à l’écoute de l’impossible, elles m’ont ouvert les herses molles de leur intimité et je leur ai confié mon énigme comme écrin de l’espoir dissimulé d’être secouru. Erigées en femmes-bougies, leur dimension lumineuse fut cependant bien trop faible pour prétendre à éclairer un ciel d’encre. Lorsqu’elles n’ont pas fait long feu en suivant une cadence vitale inadaptée à leur fragile condition, elles fondaient aussitôt. Quelle qu’en ait été la matière, de la lave originelle au laser actuel, ces fusions n’ont eu pour effet que d’allonger un chemin sans issue. Il m’apparaît que la mémoire de l’entière création du monde ne suffit pas à en extraire sa raison, insoluble cauchemar qui me laisse conscient malgré l’hémorragie des années. J’erre encore, telle une âme lestée dont les plus évanescentes vapeurs sont retenues à huit-clos sous pression, à attendre absurdement l’implosion.



« TRYPTIQUE »
La vie nous appelle à vivre et à réaliser nos rêves le plus rapidement possible et dans leur totalité, ainsi nait le fantasme de vouloir être éternel. Les triptyques de visages féminins endormis posent claire- ment la question de la mort mais en retirent la souffrance. Une mort qui se rapproche sans cesse, qui nous semble laide et hors du temps. Cette mort est ici représentée par 7 portraits de jeunes femmes, toutes semblant presque simplement endormies, presque vivantes. Mais elles sont toutes à leur place. La série interroge sur cette éternité qui nous semble évidente quand on est enfant et qui tend à disparaitre avec l’âge qui avance. Doit-elle pour autant nous effrayer ?
La religion et les croyances étaient la réponse pour nos ancêtres et parfois même pour nos parents. Mais le monde nous a retiré cet échappatoire. Nous proposons une promenade à la fois angoissante et reposante par le biais de ces triptyques qui présentent ces sept portraits de femmes mortes. Celles-ci appartiennent à différentes ères: la création de la terre, l’Egypte antique, l’âge des vikings, la révolution industrielle, les années disco, l’ère actuelle avec Welela comme protagoniste et enfin le futur. L’intemporel est représenté par le personnage de la vidéo. La composition de ces photographies à la chronologie déboussolée, fait appel à une vision du futur où le spec- tateur se retrouve confronté à la question de l’éternel, fonctionnant comme une réalité bel et bien existante. Par le biais de cette série de photographies, nous tentons d’offrir un accès à l’intemporel avec de petits contes, flirtant avec l’inconscient, l’introspection et la poésie et qui questionnent la vie éternelle.
On ne sort pas indemne de cette rencontre photographique et on finit par se demander si nous aussi nous pourrions vivre éternellement. James Graham Ballard, auteur de sciences fiction, disait que « le rôle de l’artiste n’est plus tant de produire des fictions dans un monde qui en est saturé, mais bien d’inventer des réalités ».
Et si Edwin et Melvyn ne faisait que montrer une réalité en devenir? 




Le groupe John PDF, la fashion designeuse Charlotte Beeck et les vidéastes Edwin & Melvyn s'associent pour réaliser une fiction en trois épisodes. Cette vidéo est une épopée musicale.
Autour de jeunes diplômés de différentes écoles d'Europe, et suivant le mouvement général que prend la création contemporaine, Taxi Phone réuni des disciplines diverses (vidéo /image, musique, stylisme, décor) où chacun se nourrie du savoir-faire et de la sensibilité de l'autre.
- John PDF est un groupe de musique composé de 3 musiciens. Ennio Neagle est thaïtien, ancien étudiant de l'Ecole Supérieure d'Art et de Design d'Amiens et arrivé il y a 5 ans en France, il rencontre les frères Morisse Mac Lean, Marvin et Robin, à l'école, où ils décident de créer ce groupe, qui dure maintenant depuis 3 ans.
- Edwin & Melvyn sont deux frères: le premier est un ancien étudiant en graphisme de la Gerrit Rietvelt Academie à Amsterdam. Son diplôme en poche, il rejoint son frère Melvyn à Paris,qui lui aussi vient de finir ses études aux Arts Décoratif de Paris en section Photo/ Vidéo. Ensemble, ils travaillent sur différents supports: photos, vidéos et graphisme.
- Paquita Milville, ancienne élève de l'Ecole Supérieure d'Art et de Design d'Amiens et de l'École Nationale Supérieure des Arts Visuels de La Cambre est désormais scénographe et designer. Elle imaginera et construira les décors.
- Charlotte Beek est une jeune styliste Hollandaise. Comme Edwin, elle est diplômée de la Gerrit Rietvelt Academie. Dans cette vidéo où la parure est essentielle, ses créations textiles auront un rôle prépondérant.
Le projet Taxi Phone est le fruit de l'association d'anciens étudiants issus d'un enseignement visuel. La forme joue un rôle principal dans le développement des concepts sous-tendants notre récit.